Monday 29 August 2005
Danny et Glory, une fois enfants de la rue
À une époque, lorsque je traversais la rue pour faire mes courses, un enfant de la rue mimait une enculade. Ce qu’il voulait faire comprendre à tous dans la voie publique, c’est que j’étais un pédophile.
C’est le prix que j’ai payé pour avoir été ami avec deux enfants de la rue, et pas tous les autres.
À une époque, il y avait une bande de jeunes qui squattait en face de mon immeuble. Tellement jeunes et naïfs, ils étaient des nouveaux rejetons de familles trop pauvres pour les garder.
Ils sont devenus graduellement mes amis, en commençant par Glory. Vraiment un chic petit garçon. Quand je l’ai laissé entrer chez moi la première fois, le gosse venait d’atterrir littéralement sur Mars. Il s’est planqué sur mon balcon afin de regarder le paysage qui s’étalait devant lui pendant une demi heure non stop. C’était la première fois qu’il voyait le fleuve. L’équivalant d’un parisien qui regarde pour la première fois
Toutes les activités de ma demeure étaient pour lui un vrai miracle. Notamment la première douche chaude de sa vie, une demi heure elle aussi. Le garçon était tellement sale, j’ai halluciné quand j’ai vu le bain noir.
Glory a disparu de la scène et je ne l’ai plus revu depuis octobre 2003. Selon les autres enfants, il aurait rejoint son père en Angola. C’est à cette même époque que Danny (photo) a commencé à traîner avec moi.
Bref, Danny devient un homme. Il a récemment réintégré sa famille, étape difficile parce qu’il revient bredouille, sans argent ni boulot. Entre temps je lui paye ses études et sa formation de cordonnier. Surtout, je fais tout pour qu’il arrête de demander de l’argent. La mendicité, vraiment une mauvaise habitude congolaise.
Entre temps, il répare mes chaussures, me fait chier pour que je lui achète des pompes et on passe nos dimanche ensemble.
